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LA VAGUE CHINOISE: L'ÉMERGENCE D'UN ÉTAT CIVILISATIONNEL

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Language: French
Format: 23.6 x 15.4 x 2.2 cm
Page: 244
Publication Date: 03/2017
ISBN: 9787508535715
Details
This is a best-seller in China and a geopolitical book for our times. As a leading thinker from China, Zhang Weiwei provides an original, comprehensive and engrossing study on the rise of China and its effective yet controversial model of development, and the book has become a centerpiece of an unfolding debate within China on the nature and future of the world's most populous nation and its possible global impact. China's rise, according to Zhang, is not the rise of an ordinary country, but the rise of a different type of country, a country sui generis, a civilizational state, a new model of development and a new political discourse which indeed questions many of the Western assumptions about democracy, good governance and human rights. The book is as analytical as it is provocative, and should be required reading for everyone concerned with the rise of China and its global implications.
Table of Contents
SOMMAIRE
REMERCIEMENTS
PREFACE À L’ÉDITION ANGLAISE
CHAPITRE 1 : Ne plus se méprendre au sujet de la Chine
1.1 Un monde en rapide évolution
1.2 Une ascension insolite
1.3 Dépasser le Japon
1.4 Le Paradoxe du PIB
1.5 Jusqu’au sommet
CHAPITRE 2 : Le 1 1> 2 de la Chine
2.1 Les « pays quasi-développés » en Chine
2.2 La taille de la classe moyenne chinoise
2.3 Les «économies émergentes» en Chine
2.4 Pourquoi le 1 1> 2 de la Chine?
CHAPITRE 3 : L’émergence d’un État civilisationnel
3.1 Le chemin semé d’embuches de la Chine vers un État-Nation
3.2 L’émergence d’un État civilisationnel
3.3 Une nouvelle perspective
3.4 Regarder la Chine de nouveau
CHAPITRE 4 : L’émergence d’un modèle de développement
4.1 Réflexions après les crises
4.2 Le modèle chinois pourrait tout gagner
4.3 Déterminer les normes chinoises
CHAPITRE 5 : L’émergence d’un nouveau discours politique
5.1 La réforme politique, la voie chinoise
5.2 Débats au sujet des droits de l’Homme
5.3 L’émergence d’un nouveau discours politique
CHAPITRE 6 : La fin de la fin de l’histoire
6.1 Le modèle occidental : de l’Inde à l’Europe de l’Est
6.2 Le modèle occidental : en Asie de l’Est et au-delà
6.3 Débattre avec Fukuyama : La fin de la fin de l’histoire
Sample Pages Preview
1.3 Dépasser le Japon En 2010, le PIB total de la Chine a dépassé celui du Japon, et cette nouvelle a attiré l'attention du monde entier. Les médias occidentaux ont immédiatement publié un grand nombre de commentaires. Le Times anglais a mis en évidence le fait que le bond de la Chine à la deuxième place mondial a marqué un changement majeur dans la puissance économique et politique dans le monde. Le New York Times l’a considéré comme étant une « étape importante » pour le progrès de la Chine et « bien que prévu depuis un certain temps, c’est bien la preuve la plus frappante que la montée en puissance de la Chine est réelle et que le reste du monde devra faire avec une nouvelle superpuissance économique». Le quotidien français le Figaro fit remarquer que cette longue attente du peuple était devenue réalité, et que cette tendance pour le changement va se poursuivre. A présent, la plupart des économistes occidentaux qui suivent la tendance la plus répandue prédisent que l'économie chinoise pourrait dépasser les États-Unis d’ici 10 à 20 ans. D’autre part, les médias chinois sont plutôt mutiques. La plupart d'entre eux soulignent que la Chine est encore un pays en développement et que son PIB par habitant ne représente qu’un dixième de celui du Japon, et par conséquent, être la deuxième plus grande économie du monde ne signifie pas grand-chose. De mon point de vue, cette discrète approche est adoptée par deux groupes de personnes. Le premier groupe préfère être modeste et prudent, conforme à la politique de Deng Xiaoping de « faire profil bas ». Ils se focalisent sur les écarts dans de nombreux domaines entre la Chine et les pays développés et craignent que l'estimation d’un PIB élevé puisse devenir un fardeau international pour la Chine. Le deuxième groupe est différent, car il se compose de ceux qui ne voient tout simplement pas, ou de ceux qui ne sont pas disposés à reconnaître le rapide développement de la Chine. Ils essaient de minimiser l'importance du fait que la Chine dépasse le Japon, et vont même jusqu’à citer l'échec de la Chine pendant la guerre de l'Opium de 1839-1840, alors que la Chine était la plus grande économie du monde et qu’elle a quand même perdu la guerre face aux Britanniques. Mais ce que je comprends c’est que, que ce soit la tendance chinoise à faire profil bas ou non, la Chine elle-même devrait être en mesure d'évaluer objectivement ce qu’est la vraie Chine et sa puissance économique. Si « faire profil bas » signifie se déprécier à volonté, cela peut éventuellement conduire à une situation où les Chinois perdent confiance en leur pays et dans son propre modèle de développement. Cette situation est également dangereuse. En fait, ceux qui ne veulent pas voir le modèle chinois réussir arrivent à tromper les gens de cette façon, et ils ont réussi à façonner une sorte de passivité mesquine parmi une part importante de la population chinoise. Pour inverser cette tendance, il faut dire la vérité à la population au sujet de l’émergence de la Chine. Au cours des vingt dernières années, j’ai visité plus d’une centaine de pays et la Chine est sans aucun doute le pays où le progrès global a été le plus rapide et où on voit les améliorations du niveau de vie des habitants les plus significatives. La Chine rencontre le même type de problèmes que d'autres puissances avaient rencontrés par le passé et qui ont été résolus grâce au processus de développement. Il est nécessaire de se baser sur cette nouvelle compréhension et ainsi mettre en place un nouveau consensus national sur le chemin du développement chinois. Nous devons « faire profil bas », mais cela devrait se baser sur la confiance en soi, le respect de soi et la force intérieure, plutôt que sur une passivité abattue. Cela nous permettra de relever les défis internes et externes de manière plus efficace et de nous ouvrir à de nouvelles perspectives pour l'avenir de la Chine. Pour moi, toutes les statistiques et les classements qui concernent la Chine, en particulier ceux en termes de PIB par habitant, vont changer de manière significative si deux facteurs sont introduits dans l'équation. Le premier est la parité pouvoir d'achat (PPA), c’est-à-dire si l’on calcule sur la base de PPA, plutôt que sur celle du taux de change officiel. C’est tout simplement du bon sens puisque, par exemple, un repas similaire dans un restaurant au Japon est généralement dix fois plus cher que dans un restaurant de Pékin ou de Shanghai. Il en résulte que les restaurants japonais vont générer dix fois plus de PIB pour un même repas que dans un restaurant de Pékin ou de Shanghai, si le calcul est basé sur le taux de change officiel. L'erreur provoquera naturellement un effet boule de neige. De manière générale, les estimations en PPA sont relativement plus fiables, et elles ont été de plus en plus utilisées par les chercheurs pour les comparaisons internationales. Angus Maddison, un célèbre historien britannique de l’économie, a étudié le PIB en PPA et en est venu à la conclusion que l'économie chinoise, en fait, a dépassé le Japon en 1992, puis a dépassé le PIB accumulé par les 12 grands pays industrialisés européens, dont l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France en 2009. Il a estimé que l'économie chinoise devrait dépasser celle des États-Unis en 2015 et j’évoquerai davantage la question de la PPA dans le chapitre suivant. Que la Chine utilise la PPA ou non, la CIA a toujours évalué la force de la Chine sur la base de la PPA. Le discours des Américains au G2 n’est pas tout à fait sans fondement. C’est avec la montée en puissance rapide de la Chine que les États-Unis doivent trouver un accord. Ils n'ont pas proposé l'idée d'un G2 à la Russie ou à l'Inde, ni même à l'Europe, mais bien à la Chine. En effet, sans coopération de la part de la Chine, les États-Unis ne peuvent résoudre aucun des problèmes épineux auxquels ils sont confrontés aujourd'hui. Mais il est peu probable que la Chine devienne la police du monde en collaborant avec les États-Unis, parce que, du point de vue chinois, ils pourraient se faire des ennemis dans le monde entier et, de plus, cela ne correspond pas à la mentalité chinoise ni même à leur manière de se comporter. Le deuxième facteur est l’accès à la propriété. Les Chinois ont sans doute la plus forte tradition de la propriété par rapport au reste du monde et, par conséquent, l'un des taux de propriété les plus élevés du monde. Il est donc juste de se référer à un autre indicateur, à savoir, celui de la valeur nette médiane des ménages, pour faciliter les comparaisons internationales, car il peut refléter plus précisément le niveau de vie réelle de la population, par rapport au PIB par habitant. La valeur nette médiane des ménages se réfère à l'actif total d'un ménage, y compris leurs propriétés, leurs économies et leurs actions, moins le total de leurs dettes. Un rapport intitulé « Comment évaluer votre statut dans la classe moyenne », publié en mars 2010 par l’US News and World Report, révèle que « le ménage américain type possède pour 84 000 $ net » après la crise financière. Les statistiques publiées par la Réserve fédérale en mars 2010 indiquent que les actifs totaux des ménages américains ont à peu près diminué de 25% par rapport à 2004 en raison de la crise. Cette année, la valeur nette médiane des ménages américains étaient de 93 000$. Basé sur le taux de change où 1$ US vaut 6,37 yuans, 84 000$ US équivaut à environ 535 000 yuans et 93 000$ US vaut environ593 000 yuans. Même à son apogée en 2007, lorsque la valeur nette médiane des ménages américains étaient d'environ 150 000 $, soit près de 1 million de yuans, combien de ménages chinois d’aujourd’hui ont une valeur nette médiane de leur ménage à 535 000 et à 593 000 yuans? Combien ont atteint 1 million de yuans? Je n’ai pas encore de données officielles sur ce sujet, mais, selon mon estimation, il y aurait déjà environ 100 millions de foyers (soit un quart des ménages chinois) dont la valeur nette médiane de leur ménage se situe entre 535000 et 593 000 yuans. La vitesse à laquelle la richesse en Chine a été créée au cours des trois dernières décennies est sans précédent dans l'histoire de l’humanité. Ce n’est un secret pour personne que les Américains sont plus habitués à consommer avec leur carte de crédit et le pays est ainsi devenu le plus grand marché de consommateurs du monde au cours des dernières décennies. Mais c’est également une des causes majeures de la crise financière actuelle, et cela nous rappelle la nécessité de ne pas imiter le modèle américaine de la consommation excessive à la carte de crédit. Pourtant, à mon avis, si la Chine peut développer un niveau modéré de consommation à la carte de crédit, en particulier en prenant en compte les énormes actifs des ménages chinois, elle va progressivement devenir le plus grand marché pour la consommation au monde. Quant à la défaite de la Chine dans la guerre de l'Opium en 1839-1840, et ce malgré son PIB qui était le plus important du monde, c’était surtout parce que la Chine n'était pas un état moderne, mais encore un état traditionnel, vaguement maintenu par un gouvernement central aussi fragile qu’un château de sable, alors que la Grande-Bretagne était déjà un État-nation moderne avec une économie moderne, une forte cohésion nationale et une puissance inégalée pour la mobilisation en période de guerre. Supposons qu'une province de la Chine, le Guangdong par exemple, eut été en mesure de se rapprocher du niveau d'un État-nation moderne, , avec un niveau industriel et commercial comme celui des Britanniques, alors la guerre de l'Opium aurait pu être évité, puisque la province aurait eu d’importantes capacités pour gouverner un état moderne, l'industrie, le commerce extérieur, la défense et la diplomatie, et la Grande-Bretagne en aurait été dissuadé. La situation en Chine est aujourd'hui différente. En fait, au début des années 1950, la Chine et la Grande-Bretagne se sont affrontés sur le champ de bataille pendant la guerre de Corée et les Britanniques ont eu de grandes difficultés, comme le prouve le sort des Royal Scots. En outre, nous devrions nous pencher un peu plus sur l'histoire, et en particulier sur la façon dont le Japon a achevé son accumulation de capital dans le but de sa modernisation. Il sera sinon difficile d'apprécier l'importance de la montée pacifique de la Chine. Au 19e siècle, la Chine était un pas derrière le Japon, qui accueillait la modernisation, et elle a fini par être attaquée et pillée par des puissances étrangères. Après le succès de la restauration Meiji pendant la seconde moitié du 19ème siècle, le Japon rejoignit les rangs des puissances occidentales et déclara la guerre contre la Chine en 1894. Après la défaite de la Chine, le Japon a réussi à obtenir de la Chine une indemnité de 230 millions de taëls d'argent. Qu'est-ce que représente 230 millions de taëls d'argent ? Cela équivalait à environ trois ans de revenus de l'État chinois d’alors. Le Japon les a investi pour améliorer l'éducation, pour mettre en place des usines, construire des villes et étendre l'armée. La puissance économique et militaire globale du Japon s’est ainsi rapidement accrue. Combien de sueur, d’argent et de ressources chinois les Japonais ont-ils extorqués afin d’accomplir leur modernisation? Combien de Chinois ont perdu la vie à cause de l'invasion japonaise? Beaucoup trop pour les compter. A titre de comparaison, les invasions étrangères, les sorties d'argent et un trésor public vide ont poussé la Chine dans un déclin rapide. En 1900, elle fut envahie par l’Alliance des huit nations et a été contrainte à verser une indemnité de 450 millions de taëls d'argent, et ainsi la Chine devint l’« homme malade de l'Asie orientale ». Dans l'histoire moderne de la Chine, son développement économique fut relativement rapide et sa puissance nationale était déjà en hausse avant la guerre sino-japonaise de 1894-1895 et l'incident de Moukden en 1931. Cependant, les deux guerres déclarées par le Japon ont mis un brusque terme à la modernisation de la Chine et ont provoqué le déclin de l'économie chinoise pendent des décennies et la mort de millions de Chinois. La Chine a dû repartir de zéro en 1949. Après plusieurs décennies d'efforts inlassables et de rapide développement pacifique, la Chine a finalement fait d'énormes progrès et a fini par dépasser le Japon pour devenir la deuxième plus grande économie du monde. En effet, selon moi, la Chine qui passe devant le Japon est une étape importante dans les affaires mondiales à cause des implications sur le long terme pour l'avenir de la Chine et du reste du monde.
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